Vous pouvez relire ici mes INTERVIEWS PIMENTEES & INSPIRANTES !
Des interviews de personnes qui m'ont apporté leurs conseils, leurs avis, qui m'ont fait confiance en travaillant avec moi et que j'ai pu accompagner.
Et à travers ces voix, vous allez découvrir :
- Mon ADN réel et ma communauté
- Ce que signifie "mes piments" 🌶️
- Mes actions et accompagnements concrets pour VOUS en 2026
- Ce en quoi je crois profondément
- Mes doutes (oui, j'en ai !)
- Mes forces - celles qui vont vous permettre d'avancer avec courage sur votre chemin professionnel
Parce qu'en 3 ans, UNE chose n'a jamais changé :
Mon piment. Mon énergie pimentée.
Albane 🌶️
Interview pimentée n°7 : LIZ🌶️
Entrepreneuse engagée et inspirante. Elle a façonné ma communication. Créé et développé ma stratégie. Renforcé ma charte graphique avec l'identité forte et personnelle des piments.
🌶️Quel a été le déclic qui t'a poussé à te lancer dans l'entreprenariat ?
C’est une très bonne question, elle est intéressante parce qu’il y a effectivement une situation qui m’a amenée aujourd’hui à me lancer dans l’entrepreneuriat, mais ce qui est rigolo dans mon histoire, c’est que depuis toujours, j’ai toujours dit que je serais mon propre chef.
Je me rappelle quand j’étais petite, je disais à mes parents que je voulais être la chef, que je voulais qu’il n’y ait personne au-dessus de moi, que personne ne me dirige et que je voulais créer ma propre boîte. Et mon père, je me rappellerai toujours de sa réponse. Il m’a dit : « Ma fille, il y aura toujours quelqu’un au-dessus de toi. » Je lui ai répondu « comment ça ? », et il m’a dit « le Président de la République ». Ce qui n’était pas faux. Ça m’avait fait rire, mais depuis toute petite, j’ai toujours dit que je créerais ma boîte, que je serais ma propre cheffe. C’est vraiment ce que je disais quand on me demandait ce que je voulais faire plus tard.
Ensuite, tout s’est accéléré en 2021, fin 2021, en octobre. À ce moment-là, j’étais salariée dans une grosse entreprise. J’étais responsable communication, j’avais un super poste. J’avais commencé comme alternante, puis on m’a proposé des CDD, j’ai touché à plein de choses, et ensuite ils ont ouvert un poste de CDI juste pour moi. J’étais responsable de la communication d’une branche particulière de la boîte, avec beaucoup de responsabilités.
Tout ça s’est passé autour de 2020, avec la période du Covid, qui a été très bouleversante pour beaucoup de personnes. Et fin 2021, en octobre, j’ai craqué. Depuis beaucoup de mois, je sentais que quelque chose n’allait pas. Tous les jours, j’allais au travail en me disant que c’était une mauvaise passe, que ça allait passer, que plus tard ce serait mieux. Je me répétais sans cesse « plus tard ce sera mieux ».
Un matin, ça a été le trop-plein. Je n’ai pas réussi à me lever, je n’ai pas réussi à assurer mes rendez-vous, je pleurais tout le temps, j’étais très mal. Certains diront que j’ai fait un burn-out. En tout cas, c’était un épuisement, une sorte de dépression. J’ai été arrêtée, on m’a obligée à m’arrêter, et je ne suis jamais retournée dans cette entreprise.
J’ai été arrêtée pendant presque un an, dont six mois de démarches pour pouvoir partir.
Pendant les deux années qui ont suivi, j’ai été accompagnée par un psy et par des coachs en développement personnel et professionnel. Ça a été une période où je me suis énormément remise en question : mon travail, ma vie, tout. Heureusement que j’ai été accompagnée. Ce sont souvent des coachs qui se formaient, qui avaient besoin de tester leur accompagnement, et ça m’a énormément aidée dans ma trajectoire.
Le vrai déclic pour me lancer, ça peut paraître étrange, mais ça a été mon voyage au Sénégal. Je suis partie en mission humanitaire et je suis revenue transformée. J’avais envie de retrouver du sens dans ce que je faisais, et surtout d’aller vers la simplicité. Pas de réinventer la roue, pas de me compliquer la vie, mais de revenir à ce que j’aimais vraiment : la communication. J’ai toujours aimé ça, et je sais que je suis douée là-dedans.
C’est à ce moment-là que tout s’est concrétisé dans ma tête. Il a fallu deux ans en tout. Officieusement, je me suis lancée fin 2023, et officiellement j’ai créé mon entreprise en janvier 2024.
Je me suis lancée avec des bêta-testeurs, cinq exactement, dont ta mère. Et c’était assez fou pour moi symboliquement, parce que ta mère a été l’une de mes premières managers accompagnées. C’est très fort en termes de signification pour moi.
Voilà comment tout a commencé.
🌶️Quels ont été tes plus grands défis en tant que femme entrepreneuse ?
L’un des premiers défis qui me vient, c’est lié au parcours qu’on a avant l’entrepreneuriat. On vient d’un monde où les études te disent ce que tu dois faire, on te guide, on te donne des devoirs, on te dit « fais ci, fais ça ». Il n’y a pas énormément de place à l’autonomie, c’est très cadré.
Ensuite, naturellement, on te guide surtout vers le salariat. En tout cas, dans mes études, on m’a très peu orientée vers l’entrepreneuriat. On te guide vers le salariat, et tu te retrouves encore dans un univers où tu as un manager, une équipe, l’ADN de l’entreprise qui te dicte ce que tu dois faire.
Un de mes plus grands défis quand je me suis lancée, c’est que j’ai réalisé, pendant mes deux années de réflexion, que j’avais un énorme besoin de validation des autres. J’avais besoin qu’on me dise : « oui, c’est bien ce que tu fais, tu es sur la bonne trajectoire, vas-y ».
Quand je suis arrivée dans l’entrepreneuriat, ça a été très dur, parce qu’il n’y avait plus personne pour me dire « c’est bien, continue ». Il y a eu une période assez douloureuse. Que je sois une femme ou pas, mais j’ai le sentiment que ça touche beaucoup plus les femmes : le syndrome de l’imposteur, le manque de légitimité, se demander si ce qu’on fait est vraiment bien.
Ça a été le premier vrai choc : me dire « maintenant, tu dois voler de tes propres ailes ». Et en réalité, c’est l’un des meilleurs apprentissages de ma vie. Je n’ai jamais autant évolué que depuis que je suis seule à mon compte. Mais au début, c’était clairement douloureux.
Ensuite, un autre défi quand on arrive dans l’entrepreneuriat, c’est ce qu’on voit quand on commence à se renseigner, notamment sur les réseaux sociaux. On voit des entrepreneurs avec de grandes certitudes, qui te disent ce qu’il faut faire, comment il faut le faire, et que si tu ne fais pas comme ça, tu vas te planter.
Comme je suivais beaucoup de personnes dans la communication, je me comparais énormément. Je me disais : « ah, donc c’est ça qu’il faut faire ». J’avais l’impression qu’il fallait dupliquer ce que je faisais en tant que salariée dans l’entrepreneuriat. Et je n’étais pas à l’aise avec ça, mais je n’osais pas vraiment l’assumer.
Je voyais tous ces communicants faire des choses, et je me disais qu’il fallait que je fasse pareil. Ce qui a été difficile pour moi, ça a été de me détacher de ça et de me dire : « maintenant, tu peux prendre tes propres décisions, te guider toute seule, et ce que tu proposes sera bien même si ce n’est pas la même chose que les autres ».
Il y a un conflit au début : se dire que les autres sont là depuis plus longtemps, donc que ce qu’ils font est forcément la bonne chose. Et j’ai vite compris que ça ne fonctionnait pas comme ça, et surtout que ce n’était pas ce que je voulais.
En tant que femme, je n’ai pas vécu de situations où on m’a particulièrement rabaissée. On ne m’a jamais parlé de mon âge, je pense que je fais mon âge et qu’on ne me perçoit pas comme trop jeune. J’ai aussi été peu confrontée aux hommes dans mon parcours entrepreneurial. J’ai eu des clients hommes, bien sûr, mais la plupart des réseaux dans lesquels j’évolue sont majoritairement féminins.
Je pense que le plus gros défi reste vraiment le syndrome de l’imposteur, et ça parlera à beaucoup de femmes.
Un autre grand défi, c’est la relation à l’argent. Il y a cette croyance que l’on travaille d’abord pour l’argent, puis pour l’épanouissement. Moi, j’ai une vision un peu inverse. Au début, je me suis fixé des objectifs financiers très élevés, irréalistes même.
Et en réalité, j’ai eu besoin de trouver d’abord l’épanouissement, de me dire « je sais ce que je veux faire, ça me plaît », avant de penser à l’argent. Le problème, c’est qu’au début, il y a une vraie pression : il faut faire rentrer de l’argent rapidement, alors que tu es encore en train de te chercher, de prendre confiance, de dépasser tous ces défis internes.
Ma première année a été assez dingue. Je n’ai pas fait le chiffre d’affaires que je m’étais fixé, mais je me sentais bien. Beaucoup plus riche que quand j’étais salariée — pas en termes d’argent, mais en termes de connaissances, d’apprentissages sur moi-même, sur les autres, sur ce que je voulais développer.
Et ça valait plus que l’argent que j’aurais pu gagner à ce moment-là, d’autant plus que j’étais soutenue par Pôle emploi la première année, ce qui était rassurant.
Interview pimentée n°6 : SOUMIA🌶️
MANAGER COMMERCE, un métier de passion, d'adaptation et de lien.
Soumia est manager commerce dans une collectivité de taille moyenne. Ses missions sont larges et variées :
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Accompagner les porteurs de projets qui souhaitent s'installer sur le territoire
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Accompagner les commerçants déjà installés et être leur point d'entrée vers les services de la ville
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Gérer toute la partie animation commerciale et les marchés forains
-
Assurer les relations avec les professionnels
"Globalement, tout ce qui concerne les rapports avec les commerçants et les professionnels passe par moi."
🌶️Quelle est ta vision du métier et son importance pour les villes ?
C'est un métier très important, car aujourd'hui les commerçants et les entreprises ont parfois une vision très vague des services de la ville et des démarches à effectuer. Ils peuvent se sentir perdus et faire des erreurs. Mon rôle est donc d'être facilitatrice et d'être un point de repère pour eux.
Je suis facilitatrice des missions du service public. Les commerçants peuvent poser leurs questions sans avoir à contacter plusieurs services, puisqu'ils disposent d'un seul point d'entrée. Cela permet une meilleure compréhension et une relation plus fluide entre la ville et les commerçants.
Ce métier est également important pour éviter les tensions entre la ville et les commerçants. Un manque de communication peut bloquer des projets et créer des incompréhensions. Avec un interlocuteur unique, l'information circule mieux.
Une ville ne peut pas se développer sans acteurs économiques. Sans dialogue avec les commerçants, les projets n'avancent pas.
🌶️Quels sont les enjeux principaux ?
C'est vraiment un enjeu d'efficacité et d'efficience du service public. Quand il y a un problème, on remonte l'information. Ça ne veut pas dire que je vais apporter une réponse instantanée, mais je fais au mieux pour que l'information passe le plus rapidement possible.
On gagne en efficacité. Au lieu que les services se rendent compte d'un problème trop tard, on travaille bien en amont, et c'est beaucoup plus fluide entre les services, la collectivité, les professionnels et les commerçants.
C'est aussi un enjeu de proximité avec les professionnels. Un professionnel ne va pas fermer sa boutique pour venir en ville. En revanche, moi, je peux fermer mon bureau pour aller le voir directement.
🌶️Quelles sont les compétences nécessaires pour exercer ce métier ?
Il faut être un couteau suisse. Il y a du savoir-faire, mais surtout énormément de savoir-être. Le savoir-faire peut s'acquérir avec le temps.
Il faut avoir des compétences un peu juridiques, un peu de finance privée, car on travaille avec des sociétés. Il faut connaître la réglementation, comprendre comment elle évolue et comment accompagner les professionnels.
Il faut être très généraliste : avoir des notions d'urbanisme, connaître la réglementation, comprendre comment un commerçant peut bien exercer son métier. Être capable de passer d'un charcutier à un boulanger, d'un coiffeur à un débit de boissons, en s'adaptant à chaque réglementation spécifique.
Le reste, c'est énormément de soft skills et de savoir-être. Il faut avoir de l'empathie, mais pas trop, savoir rester ferme dans certaines situations, mais pas trop non plus. Il faut savoir parler le langage des commerçants, sans aller trop loin.
En réalité, il faut surtout savoir s'adapter à la personne qu'on a en face pour répondre au mieux à sa demande.
Les personnes n'attendent pas forcément une réponse instantanée, mais elles attendent qu'il y ait une réponse. L'important, c'est qu'il y ait un suivi.
Il faut aussi savoir gérer des situations difficiles. C'est beaucoup de gestion humaine. Il faut savoir mettre de l'eau dans son vin pour travailler avec ses collègues, être à l'écoute et savoir communiquer avec tout le monde.
Les compétences sont très vastes, et cela dépend aussi de chaque collectivité. Il faut être adaptable, ne pas être trop rigide, savoir écouter. C'est vraiment beaucoup de savoir-être.
🌶️Quel est l’importance de l’accompagnement dans ce métier ?
Pour moi, l'accompagnement est primordial, surtout quand on est jeune dans le métier, quand on est encore junior. Je ne dirais même pas que c'est important, je dirais que c'est indispensable.
Pourquoi ? Parce que quand on est jeune diplômé, on sort de l'école avec une vision très scolaire du monde des collectivités territoriales. On ne connaît pas forcément la relation avec les élus, la relation avec les autres services, la relation avec les commerçants. Si on n'est pas accompagné, on arrive sur le poste et malheureusement, j'ai déjà vu des primo managers commerce souffrir, voire quitter leur poste.
Un manager commerce est un carrefour entre plusieurs intervenants : les élus, la ville, les services de la ville, les commerçants. Si la personne n'est pas assez bien armée, un mauvais accompagnement ou une absence d'accompagnement peut faire qu'elle se perde facilement, voire qu'elle quitte le poste.
Le métier de manager commerce est un métier de passion avant tout. C'est un métier d'échange, un métier très riche, mais aussi très difficile. Ça demande beaucoup de finesse et beaucoup d'échanges. Si on n'est pas assez armé, on peut être très vite dépassé par les situations.
Parfois, il y a des situations qui semblent interminables : l'élu veut une chose, les services ne veulent pas, le commerçant est au milieu, et le manager commerce doit gérer tout le monde. Certains peuvent facilement se perdre.
Le mot exact, c'est l'adaptation : savoir quand taper du poing sur la table et dire non, et savoir aussi quand lâcher prise. C'est vraiment tout un art.
🌶️Comment as-tu travaillé avec Albane ?
"On se connaît depuis longtemps grâce au réseau Centre-Ville en Mouvement.
Elle connaît tellement bien les professionnels, les villes, les élus, les besoins de chaque territoire. C'est ce qui permet de proposer le meilleur candidat au bon moment.
Quand elle recommande un manager commerce, elle sait faire le lien. C’est la pertinence de la mise en relation.
À force d'accompagner, elle connaît plus ou moins la personnalité des managers commerce et voit en amont si ça peut fonctionner avec une ville ou non.
Albane a accompagné un certain nombre de professionnels qu'elle a beaucoup conseillés. Grâce à elle, plusieurs personnes ont trouvé leur voie.
Les personnes accompagnées sont très satisfaites de sa bienveillance, sa sensibilité, son humanité.
Il y a même une personne à qui elle a donné envie de devenir manager commerce. Au départ, cette personne n'avait pas les épaules assez larges pour débuter directement sur ce poste. Elle est donc aujourd'hui sur un poste transitoire, en tant que chargée de mission, pour envisager ensuite un poste de manager commerce. Alors qu'au départ, cette personne était totalement fermée à cette idée."
🌶️Quels sont vos conseils à ceux qui hésitent à se lancer ?
C'est un métier très intéressant. De passion. C'est un poste qui demande d'être un couteau suisse, parce qu'on passe de l'administratif au terrain, du terrain à l'administration, de l'administratif aux relations, à la gestion, à l'animation. C'est vraiment un poste qui demande énormément d'adaptabilité.
Si la personne est vraiment intimidée, ou n'arrive pas à s'imposer, ou est vite dépassée, je ne recommanderais pas forcément de faire ce métier.
Par contre, si c'est une personne passionnée, qui a envie de faire, pour moi il faut se lancer, il faut tester. De toute façon, au pire des cas, on risque quoi ? On risque de se dire que ce n'est pas ce qui nous correspond le mieux.
C'est aussi pour ça que je parlais de l'importance de l'accompagnement. Albane connaît tellement bien les professionnels et les villes, la qualité de chacun, mais aussi les défauts de chaque ville et les besoins de chaque territoire. C'est ce qui permet vraiment de bien accompagner, de poser les choses, de proposer non pas le candidat idéal, mais le meilleur candidat au bon moment.
S'ils ont envie de le faire, qu'ils le fassent. Pour moi, il n'y a jamais d'échec dans la vie, il n'y a que de l'apprentissage.
Dans chaque échec, on apprend.
Interview pimentée n°5 : MAUD 🌶️
”Vous allez voir ce que je peux vous apporter”.
De la peur au challenge, gagner en confiance et oser postuler dans des villes à fort enjeu !
🌶️Dans quelle collectivité avez-vous été recrutée ?
Je suis chargée de mission commerces pour le groupe SEMEPA-SPLA Pays d’Aix Territoires, l’aménageur public de la ville d’Aix-en-Provence. Mon rôle est donc d’accompagner le déploiement de la stratégie de soutien au commerce et à l’économie de proximité de la Ville d’Aix-en-Provence même si je ne suis pas directement employée par la commune.
🌶️Quelles sont vos missions ?
J'accompagne la commune dans l’exercice du droit de préemption sur les fonds et baux commerciaux. J’analyse les dossiers de cession afin d’éclairer la décision des élus. C’est une mission menée en partenariat étroit avec les services municipaux.
J’anime également un observatoire du commerce lancé depuis plusieurs années. Cet observatoire permet de recueillir diverses informations nécessaires à la compréhension des dynamiques du centre-ville d’Aix-en-Provence (flux piétons, loyers, valeurs des murs, etc.).
Je participe également à l’acquisition de locaux commerciaux, la gestion et la commercialisation de ces actifs immobiliers dans le but de préserver le commerce de proximité en centre-ville en permettant à des commerçants ou artisans de s’implanter en centre-ville dans des conditions favorables.
🌶️Depuis combien de temps travaillez-vous dans ce secteur ? Est-ce que vous avez constaté une évolution de ces missions ces dernières années ?
Je travaille dans le milieu de l’urbanisme commercial depuis une dizaine d’années.
Après des études en urbanisme, j’ai découvert ces sujets à la CCI Aix-Marseille-Provence où je devais accompagner des communes dans la mise en œuvre de stratégies et d’actions en faveur de la préservation du commerce de proximité et des centralités.
Oui, très clairement, le sujet a énormément évolué. Quand j’ai commencé, ce n’était pas du tout un sujet central. Il a fallu doucement sensibiliser les acteurs publics à ces sujets et parfois même aller à l’encontre de certaines idées très ancrées. J’ai le souvenir de quelques réunions mouvementées. 😊
Aujourd’hui, c’est vraiment devenu un sujet central dans les politiques publiques. Après mon expérience à la CCI, on m’a proposé de prendre la responsabilité du service économie d’une petite commune de 14 000 habitants. C’était une création de poste. Je ne suis pas sûre que ce serait arrivé quelques années plus tôt.
La préservation du commerce en centre-ville et plus largement dans les centralités est clairement au cœur des politiques publiques avec un contexte économique difficile pour le commerce. Rien que sur le droit de préemption, on a environ 150 dossiers par an à étudier, preuve de la nécessité de mobiliser des compétences et une expertise au service de ces sujets.
Le commerce évolue très très vite : les boutiques ouvrent et ferment rapidement, favorisé par des loyers parfois difficilement soutenables. Il faut donc être extrêmement réactif, anticiper, tout savoir avant que ça se passe.
Quand je repense à ma formation en urbanisme, je ne me rappelle pas avoir suivi des cours sur l’urbanisme commercial. Je sais que ça a évolué depuis et c’est une bonne chose pour les collectivités et plus largement les décideurs publics.
🌶️Pourriez-vous me dire ce qui vous passionne et quelles sont vos motivations dans les actions que vous menez au quotidien ?
En premier lieu, c’est vraiment l’intérêt général. Ça peut paraître un peu banal, mais pour le coup, je le vois concrètement tous les jours.
Quand on se bat pour qu’un commerce ne ferme pas, quand on agit pour préserver le commerce au quotidien, ou quand on limite certaines implantations qui nuiraient à la diversité commerciale du centre-ville , ça donne du sens à mes missions.
Ce qui me satisfait aussi, c’est de travailler dans une ville comme Aix-en-Provence. Comme terrain de jeu, c’est une ville extrêmement attractive, belle, diverse, aussi bien d’un point de vue commercial, touristique que culturel. C’est très stimulant d’évoluer dans un cadre comme celui-là.
Et puis il y a la diversité des missions. C’est un métier où, le matin, on peut travailler sur une offre d’achat pour un local commercial, le midi réfléchir à une préemption, et l’après-midi travailler sur une étude d’impact touristique et commercial liée à un grand événement culturel. Cette diversité, à la fois opérationnelle et intellectuelle, le fait de jongler entre des sujets très différents, c’est passionnant.
🌶️Quel impact peut avoir votre rôle dans le développement d’un centre-ville aujourd’hui ?
Je le vois avant tout dans la préservation de la diversité commerciale et économique du centre-ville. Faire en sorte que l’activité économique de proximité puisse continuer de répondre aux besoins de toutes les cibles de clientèle : de la boulangerie à la boucherie pour les habitants, du salon de thé en passant par un bon restaurant et des commerces de destination shopping pour aussi les visiteurs plus occasionnels, etc. C’est un équilibre difficile à préserver dans le contexte actuel.
Comment ? La problématique aujourd’hui à Aix-en-Provence réside beaucoup dans les valeurs locatives qui sont très fortes en centre-ville et qui font peser sur le commerce et l’artisanat de proximité des taux d’effort très importants.
🌶️Quel a été le challenge quand vous avez postulé ?
Ce poste et cette collectivité étaient un gros challenge pour moi. C’était le poste et l’endroit où je rêvais d’aller. Depuis longtemps. Je me suis mis beaucoup de pression et l’enjeu était très important. Franchir les dernières marches me donnait le vertige, c’était un gros challenge pour moi !
Albane m'a permis d'identifier mes forces pour dépasser ces peurs et dédramatiser la situation. J’ai rapidement gagné en confiance et j’ai changé de posture 'vous avez besoin de moi, et c'est pour ça que ça va être moi.
🌶️Quel a été le déclic ?
Après 3 entretiens, un long processus, ça a été éprouvant psychologiquement.
J'ai beaucoup travaillé pour faire comprendre que ce poste ne pouvait être que pour moi. J’étais totalement légitime.
🌶️A quel moment est intervenue Albane ?
Quand j'ai vu l'annonce, j'ai senti au fond de moi que je devais candidater, alors la pression est montée. Je l’ai contacté un peu en panique : 'Albane, il faut que je postule, aide-moi'. Elle s’est rendue disponible immédiatement.
Dans son approche, ce qu’elle m’a apporté, avant tout, c’est de relativiser l’enjeu.
En 5 séances de travail et des exercices chez moi, j'ai regagné en confiance, ça a été un énorme booster !
L'approche était très humaine. C'est un travail sur moi en tant que personne, pas seulement en tant que professionnelle.
Nous avons abordé beaucoup d’autres sujets bien sûr, mais c’est vraiment ça qui m’a marquée et qui me marquera encore par la suite.
🌶️Est-ce que vous pourriez donner un ou plusieurs conseils à quelqu’un qui hésite à se faire accompagner, que ce soit pour un changement de ville, un changement de poste ou pour retrouver de la motivation ?
Se challenger, ça fait toujours peur ! Moi, au-delà de ce poste, j’ai vécu une situation où j’étais dans un poste très confortable, en chambre consulaire, et j’ai pris le risque de partir sur un CDD qui, au final, ne s’est pas bien passé. Tout le monde me disait : « mais t’es complètement folle, t’étais tranquille, à l’abri, et tu pars sur quelque chose où tu ne sais même pas où tu mets les pieds ».
Avec le recul, je ne regrette absolument pas cette expérience. Même quand ça fait peur, une nouvelle expérience professionnelle n’est jamais inutile. Il y a toujours quelque chose de positif à en tirer, en termes de compétences, de connaissance de soi, d’expérience.
Aujourd’hui, je vois très clairement que le fait d’avoir osé franchir le pas une première fois m’a amenée au poste que j’occupe actuellement, et qui, à l’heure d’aujourd’hui, ne pourrait pas être mieux pour moi.
Donc il y a vraiment cette idée de réussir à dépasser sa peur, et aussi d’effectuer un travail sur soi en se faisant accompagner.
Je ne regrette absolument pas l’argent investi dans cet accompagnement, et avec le recul, je regrette même de ne pas l’avoir fait plus tôt.
C’est vrai que c’est un accompagnement particulier, auquel on ne pense pas forcément. Mais pour mieux se connaître, pour savoir vraiment ce qu’on veut faire, c’est essentiel.
Parfois, on est dans un poste en se disant que c’est un moindre mal, sans vraiment savoir ce qu’on a envie de faire ni vers quoi on pourrait aller. Grâce à cet accompagnement, j’ai vraiment su ce que je voulais faire, ce dont j’étais capable, et vers quels types de postes j’étais en capacité d’évoluer.
Interview pimentée n°4 : MARIE 🌶️
Quand l'urbanisme rencontre le commerce.
Bonjour Marie, vous êtes Manager de Centre-Ville et du développement des activités économiques de proximité dans une ville en région parisienne de 30 000 habitants.
🌶️Pourriez-vous revenir sur vos missions principales ?
Mon poste est rattaché à la Direction du Développement Urbain. Pourquoi cette particularité est si importante ? Parce que le commerce façonne la ville. La vision urbaine conditionne la durabilité de la stratégie commerciale.
- J'accompagne au quotidien les commerçants et artisans : démarches administratives, projets, informations sur les événements.
- La partie stratégique se situe sur le volet urbanisme : veille sur les nouveaux projets, acquisition de murs commerciaux, maintien de la cohérence du tissu commercial.
Travailler en transversalité est fondamental. On ne peut pas gagner la confiance des commerçants sans, par exemple, les informer bien en amont des travaux qui peuvent avoir lieu devant leur commerce.
🔥 Y a-t-il eu des évolutions depuis votre prise de poste il y a un an ?
L'urgence : restructurer le service après une vacance de poste d’un an. Après 6 mois de prise de poste appuyée par la Responsable de l’Urbanisme, un agent administratif a intégré le service . Nous avons remis à plat toutes les procédures du service en toute transparence avec les commerçants, qui ont également nourri nos réflexions. Nous avons rationalisé les démarches qui s’y prêtaient (arrêté de terrasse sur 3 ans au lieu d’1 par exemple)
En parallèle, un enjeu a été de tisser un lien au quotidien avec les commerçants avec un travail de terrain régulier, rappelant aux commerçants la présence du Service en ressource, appui, pivot entre leurs domaines d’activités et la Ville.
Demain, nous irons plus loin en sécurisant la politique de stratégie foncière de la Ville, en développant la politique d’animation commerciale et en travaillant sur une nouvelle feuille de route Centre-ville Vivant avec la Métropole du Grand Paris."
💪 Quelles sont pour vous les 3 compétences principales d’un manager de centre-ville ?
- Le relationnel. Constant et empathique avec les commerçants. Indispensable en interne aussi. Savoir adapter son discours, on change d'interlocuteur en permanence, on négocie. On est des pivots agiles, des facilitateurs.
- L'urbanisme. Je suis urbaniste de formation, ce qui n’est pas un profil majoritaire sur ce type de poste, mais cela tant à évoluer et j’en suis ravie car le regard sur l'aménagement et la vision urbain me semblent fondamentaux : le commerce façonne la ville.
- L'organisation. Essentielle pour gérer la diversité des tâches.
🤝 Comment s’est passée la première prise de contact avec Albane ?
Albane avait été missionnée par cette ville pour trouver son manager idéal. Elle a profilé mon parcours et m'a proposé de candidater.
En lisant la fiche de poste, je n'aurais peut-être pas postulé. J'étais déjà été Manager de Centre-Ville et j'avais envie de tester autre chose.
C'est en discutant avec elle que je me suis dit qu'il fallait donner une chance à cette ville.
Albane ne s'est pas trompée : j'y trouve vraiment mon compte.
✨ Quelle est la valeur ajoutée de son accompagnement ?
Elle a retravaillé la fiche de poste avec la Direction. Ils ont compris que les missions étaient très nombreuses et m'ont attribué un appui administratif.
Elle travaille pour amélioration des conditions de travail des Managers de Centre-Ville. En cela, elle a un rôle très important pour ce métier !
J'ai apprécié sa franchise, elle a été très transparente et a pris le temps d’échanger avec moi en amont de l’entretien, et après également. Elle a été claire sur le contexte local. Ça m'a aidée à bien me positionner dès le début.
🔥 Pourquoi s'entourer d'un professionnel ?
Ce poste est très riche, mais par sa diversité de missions peut générer du mal être au travail. On oscille perpétuellement entre le politique et la Direction technique, deux sphères pas toujours alignées.
Avoir un chasseur de tête humble et honnête donne un degré d'information supplémentaire. C'est fondamental pour savoir où on va mettre les pieds...
Son approche donne confiance à quelqu'un qui n'ose pas changer de poste.
Elle aide à se préparer pour un poste qu'on ne s'autoriserait peut être pas seule.
Albane a un rôle important dans les collectifs qui défendent ce métier. En complément des associations de professionnels, elle fait du lobbying pour améliorer nos conditions de travail pour reconnaître la légitimité de ce métier.
C'est essentiel d'avoir des personnes qui connaissent précisément notre métier et qui accompagnent les villes sur la gouvernance et l'organisation.
Voilà Marie ! Une manager qui allie urbanisme et commerce.
Une professionnelle qui a osé dire oui à un poste qu'elle n'aurait pas choisi seule.
Merci Marie !
Interview pimentée n°2 : MEHRNOOSH
Une femme engagée, inspirante et libre !
Cette interview est particulière. Je souhaite donner la parole à une femme qui m'inspire par son courage, sa détermination et son grand cœur.
Ma rencontre avec Mehrnoosh a été une claque. Artiste calligraphe iranienne, elle a participé à Un Temps Pour Elles, événement que j'organise depuis 2 ans à Salon-de-Provence.
Cet événement me tient à cœur : il réunit femmes et hommes autour du visage multiple des femmes d'aujourd'hui. Dans un monde hyperconnecté, il est urgent de retrouver des espaces libres pour créer des liens.
Rencontre avec une femme hors du commun.
Pour commencer, qu’est-ce qui t’a donné envie de participer à l’événement Un Temps pour elle ? Qu’est-ce qui t’a motivée, dès la première année, à t’engager dans cette journée ?
La Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars, est une date très importante pour moi, et je pense que c’est le cas pour beaucoup de femmes.
Je suis d’origine iranienne, et en Iran, il n’existe ni droits des femmes ni véritable liberté. Depuis que je vis en France, j’ai ressenti ce que signifie réellement la liberté, notamment pour les femmes : la liberté de s’exprimer, de se comporter comme on le souhaite, d’exister pleinement.
Dans de nombreux pays, comme l’Iran ou l’Afghanistan, les femmes n’ont pas le droit de s’exprimer librement. Même pour se marier ou obtenir un passeport, elles ont besoin de l’autorisation de leur père ou de leur mari. En tant que femme, on n’a presque aucun droit.
Quand j’étais petite, certaines jeunes filles iraniennes préféraient être des garçons, car les garçons avaient des droits, alors qu’en tant que filles, nous n’avions presque rien.
J’avais très envie de pouvoir m’exprimer à travers un projet, un dessin ou une écriture à l’occasion de la Journée des droits des femmes. À Salon, je n’avais jamais entendu parler d’un événement ou d’une exposition de ce type auparavant.
Quand j’ai eu l’opportunité de participer à Un Temps pour elle, j’ai été très heureuse. C’était une occasion précieuse pour moi de m’exprimer, de partager mon message et aussi de faire une rencontre très importante. Ma rencontre avec Albane a été une véritable lumière dans ma vie.
Est-ce que tu pourrais me parler de ton expérience pendant l’événement, en tant qu’exposante ? Qu’est-ce que tu as ressenti pendant toute la durée de l’événement, en tant que femme ?
C’était vraiment super. Toute l’organisation, les différentes parties de l’événement, et même tout ce qu’il y a eu avant, pendant les réunions avec les exposants. Moi, j’ai participé les deux années. La première année, j’ai exposé, et la deuxième année, j’ai aussi animé un atelier.
Les ateliers, justement, c’était très intéressant. Je fais de la calligraphie, mais une calligraphie un peu particulière. En parlant avec Albane, elle m’a proposé de faire un atelier autour des droits des femmes, et c’était la première fois que je faisais ça.
J’ai animé un atelier de calligraphie avec des lettres persanes, et j’ai aussi présenté des portraits de femmes.
C’était une expérience rendue possible grâce à Un Temps pour Elles. C’est une idée qui est née en discutant avec Albane, une idée qui m’a vraiment éclairée.
Je suis vraiment ravie d’avoir participé à cet événement, en tant qu’exposante, et aussi de découvrir les autres exposants. Tout était vraiment parfait, sincèrement.
Selon toi, pourquoi les événements dédiés aux femmes sont-ils encore importants aujourd’hui, en 2026 ? Pourquoi c’est essentiel de continuer à se rassembler et à en parler ?
Oui, parce que je pense qu’il faut toujours parler des femmes. Même en France, on entend encore beaucoup de choses. Pendant des années, beaucoup de femmes se sont battues pour obtenir des droits, et c’est important de continuer à en parler, aussi pour nos enfants.
Aujourd’hui, les droits, la liberté, le respect que nous avons, c’est important de les transmettre à la génération après nous.
Je sais que je parle souvent d’autres pays, comme l’Iran que je connais, ou l’Afghanistan, où les femmes n’ont même pas le droit de parler entre elles. En Iran, on n’a pas le droit de chanter, on peut danser seulement à la maison, mais c’est interdit dehors.
Quand on voit la chance qu’on a ici, de pouvoir étudier à l’université, femmes et hommes ensemble, sans différence… Dans certains pays, une femme ne peut pas être juge, parce qu’on pense qu’elle ne sait pas décider correctement.
C’est pour ça que c’est important de continuer à parler, de rappeler ces réalités, de sensibiliser les enfants, les adultes, tout le monde. Et aussi de se battre, encore, pour les droits des femmes, partout dans le monde.
En tant qu’exposante et participante, qu’est-ce que tu avais envie d’apporter aux femmes qui sont venues te parler ou qui ont participé à tes ateliers ce jour-là ? Qu’est-ce que tu aimerais qu’elles retiennent de votre rencontre, de vos échanges ?
Pour moi, ce qui était important, c’était d’en parler. Surtout après la révolution Femme, Vie, Liberté en Iran. J’ai essayé de parler, de manifester, mais aussi d’expliquer autre chose. La révolution Femme, Vie, Liberté en Iran a commencé avec une chose très simple : une jeune fille morte à cause d’une mèche de cheveux. Moi, je suis en France, et tout ça a commencé autour du voile, mais la révolution pour la liberté et les droits des femmes, ce n’était pas seulement une histoire de voile ou de vêtements. Après, on a vu des jeunes filles, des femmes, dire que même enlever tous les vêtements, ce n’est pas ça la liberté. La liberté, c’est vivre comme on se sent, comme on veut être. C’est ça que j’avais envie de transmettre.
Sans entrer forcément dans les détails, est-ce que tu pourrais me dire d’où vient ce combat que tu mènes encore aujourd’hui ? D’où vient cette lutte, même si elle peut parfois être épuisante ? À quand est-ce que tout ça remonte pour toi ?
Comme je te l’ai dit, moi j’ai toujours vécu avec ça. Pendant 30 ans, quand j’étais en Iran, j’ai respecté les règles, parce que je suis née à Téhéran. J’étais très respectueuse. À l’école, j’écoutais, je suivais les règles du gouvernement islamique. Même dans ma famille, c’était particulier. Mon père était producteur de cinéma, donc à la maison, on avait une autre façon de vivre. On était libres. Mais dehors, il fallait être très prudents, faire attention au gouvernement, à beaucoup de choses. À la maison, on était libres, mais à l’extérieur, ce n’était pas la même vie. Quand j’ai quitté l’Iran, quand je suis arrivée en France, je ne portais plus le voile, et ça, c’était normal pour moi. Mais en réalité, je ne savais pas à quel point ça allait être compliqué intérieurement.
Quand j’étais en Iran, le voile faisait partie des lois du pays. Je respectais. Et en arrivant en France, un pays laïque, je pensais aussi devoir respecter les règles ici. Mais pour moi, ça a été très difficile. C’était comme un prix à payer pour la liberté. J’ai perdu toute la vie que j’avais en Iran. Partir, c’était une vraie rupture.
Je dis souvent que c’était une renaissance, à 30 ans, ici à Salon. Ce combat, il a vraiment commencé en 2011. À cette époque, mon père m’a dit : « Tu ne peux pas rentrer en Iran. Si tu rentres, il y a trop de risques. Tu iras en prison, et ils peuvent te tuer. » À ce moment-là, je pensais qu’il exagérait, qu’il avait peur. Puis j’ai perdu mon père. Et dans la vie d’exilée, il y a aussi ça : accepter de perdre, même dans la mort. En 2022, avec la révolution Femme, Vie, Liberté et la mort de Mahsa Amini, j’ai compris que mon père avait raison. Une jeune fille pouvait mourir à cause d’une mèche de cheveux. Et je me suis dit : oui, ce qui aurait pu m’arriver en 2011, c’était réel. Depuis ce moment-là, j’ai compris qu’il fallait porter cette voix. Aujourd’hui, j’essaie de le faire avec mes petits pas. Je parle, j’interviens dans des ateliers, parfois dans les écoles de mon fils, dans d’autres écoles, à la médiathèque. J’essaie de transmettre aux enfants la chance qu’ils ont de vivre dans un pays libre, le respect, surtout pour les filles. Je raconte aux petites filles la chance qu’elles ont ici : chanter, s’exprimer. Quand je vois à l’école de mon fils des cours de formation musicale, par exemple, ça me rend heureuse, mais en même temps, j’ai quelque chose dans la gorge.
Parce que là-bas, voir des petites filles de six ans déjà voilées, c’est une réalité.Il y a encore beaucoup de choses sombres qui restent en nous. On parle d’une « génération brûlée », avec toutes ces interdictions. On a perdu une partie de nos vies. Quand on parle avec des psychologues, certains disent que c’est comme une violence. Ce n’était pas une violence physique, mais toutes ces idées négatives, toutes ces interdictions : tu n’as pas le droit de parler, tu n’as pas le droit de montrer tes cheveux, tu n’as pas le droit d’être avec les garçons, les garçons sont dangereux, Il faut toujours l’autorisation du père.
Tout ça marque profondément. C’est pour ça que je continue de me battre. Pour les jeunes filles qui ne connaissent pas encore cette réalité. Pour qu’elles comprennent leurs droits, leur liberté, et leur valeur.
Pour terminer, est-ce que tu pourrais me parler un peu de ta collaboration avec Albane ? Des échanges que vous avez eus, de votre rencontre, et de la manière dont ça s’est construit.
C’était très fort. La première année, je ne connaissais pas du tout l’événement. Je suis arrivée sans connaître Albane. Et dès le début, avec son énergie positive, sa bienveillance, elle m’a accueillie. Elle m’a proposé, très gentiment, de prendre la parole, de faire un discours. Elle m’a aidée, accompagnée. Albane est tellement précieuse et profondément humaine dans son travail : accessible, à l’écoute, et très humble. C’est aussi son énergie, sa lumière qui m’ont donné envie de participer à cet événement et à faire partie de cette famille. Honnêtement, je peux dire que tout est grâce à Albane. Ça a été une rencontre très précieuse. Riche humainement, forte, marquante. Une vraie rencontre.
Mehrnoosh
INTERVIEW PIMENTÉE N°3 : MATHIS
L'agilité : une compétence clé pour évoluer dans ce métier
Je vous présente Mathis, chargé de mission action et animation commerciale dans le service commerce tourisme de Rennes Métropole.
Il est l’interlocuteur référent de proximité des acteurs du commerce de la ville, en échange étroit avec l’ensemble des acteurs associatifs. Ses missions sont diverses et transversales.
Un poste riche, au cœur de l'écosystème commercial du territoire.
Bonjour Mathis, quel est ton poste actuel ? Peux-tu nous lister tes missions ?
“Je suis chargé de mission action/animation commerciale au sein du service commerce et tourisme de Rennes Métropole, Ville et Métropole de Rennes.
Mes missions sont diverses et transversales :
- Je suis l’interlocuteur référent de proximité des acteurs du commerce de la ville, en échange étroit avec l'ensemble des acteurs associatifs
- Je gère le budget dédié à l'action et à l'animation commerciale
- Je m’occupe des conventions de partenariat avec les acteurs privés du commerce
- Je participe au pilotage du plan d'action commerce centre-ville avec ma collègue, chargée de mission commerce centre-ville
- J’ai créé le guide pratique à destination des acteurs du commerce
- Je gère l'occupation marchande du domaine public (terrasses, application de la charte terrasses)
- Je fais la promotion des artisans d'art
Un poste riche, au cœur de l'écosystème commercial du territoire”.
Peux-tu revenir sur ton parcours professionnel ?
“J'ai commencé à Rennes en 2022 par la direction de quartier puis muté en interne en mai 2024 ou je suis arrivé au cœur de la direction du développement économique de Rennes Métropole.
Après deux ans sur ce poste, j’ai souhaité aller vers un autre territoire pour mettre à profit mon expérience et ma vision d'une métropole que j’avais acquise. J’ai souhaité aussi enrichir mon expérience professionnelle.
En septembre 2025, j’ai pris la décision de revenir à Rennes Métropole. Si je suis revenu, c'est parce que ma première expérience s'était très bien passée. J'ai acquis deux années d'expérience solides dans le développement économique, avec une vraie vision de l'activité commerciale au sein d'une métropole.”
Quelles sont tes motivations dans ce métier ?
"J'ai toujours été motivé par le service public. Le fait de se sentir utile et de voir l'impact réel qu'on peut avoir, notamment auprès des acteurs du commerce sur les territoires, c'est très enrichissant, personnellement et professionnellement. On est en contact avec plein d'acteurs. On est vraiment au cœur d'un écosystème qui permet d'apprendre énormément de choses en très peu de temps.
J'ai appris énormément sur la façon dont se prennent les décisions, et aussi sur les aspects politiques et administratifs. Quand tu fais ce métier, tu dois aimer les gens et surtout vouloir avoir un impact sur la société. Même si c'est à ton échelle, tu es vraiment au cœur du territoire et au plus près des besoins des citoyens français."
Jean Dupont
Quel conseil peux-tu donner aux candidats qui hésitent à bouger ou à changer de collectivité ?
J'ai choisi de revenir à Rennes Métropole car j’aime cette collectivité, les équipes et ce territoire. C’est important de se sentir bien au sein d’une collectivité. Il ne faut pas hésiter à bouger même si parfois il y a des périodes d'incertitude : on retombe toujours sur ses pieds."
Je conseille de bien réfléchir à son projet et au choix de la ville, notamment parce que notre contexte est lié à des élections ou à des changements de mission. Il faut poser les bases de son projet et garder à l'esprit que chaque expérience permet aussi d'apprendre beaucoup sur soi. Même si c'est difficile à percevoir sur le moment, prendre du recul après quelques années permet de se rendre compte de son évolution.
Il ne faut pas hésiter à demander de l'aide, à être ouvert aux conseils et aux connaissances des autres sur les différents territoires."
Justement, comment et pourquoi as-tu pris contact avec Albane ?
"On avait déjà échangé lors d'événements régionaux ou nationaux sur le commerce et le centre-ville. Je l'ai ensuite suivie sur LinkedIn quand elle a créé son agence de recrutement. Puis, une collègue nous a mis en contact (la force du réseau!).
J'avais contacté Albane pour des raisons très précises : elle a une connaissance des acteurs sur le territoire national qui est extrêmement intéressante pour un candidat. Elle connaît le contexte, les acteurs, et ça te donne des informations que tu n'as pas forcément.
Pour moi, c'est là que réside l’une de ses valeurs ajoutées : sa connaissance du terrain et des acteurs peut vraiment accompagner un candidat”.
Qu’est-ce que t’ont apporté ses conseils et son accompagnement ?
Nos échanges ont duré un an et ils m'ont beaucoup apporté. Pour un candidat junior, c'est très enrichissant de voir comment ça peut se passer ailleurs. C’est très précieux cette prise de recul. Ses conseils m'ont permis de prendre conscience de ce que j'avais acquis, comment m'appuyer sur ces connaissances pour me sentir plus confiant dans mes compétences.
Albane rebooste dans la recherche d’un poste en collectivité et elle redonne confiance. Sa vision m'a vraiment appris beaucoup de choses. Aujourd'hui encore, je m'en sers dans ma fonction, parce que parfois les missions peuvent être difficiles pour diverses raisons. Je me rappelle toujours qu'à mon échelle, l'action publique que je peux mener compte et c'est ce qui importe le plus.
Nos échanges m'ont motivé et ont alimenté ma vie professionnelle.
Est-ce important de se faire accompagner dans la recherche d’un nouveau poste ?
Oui, très clairement, c'est important. Il faut vraiment s'appuyer sur des personnes expérimentées. L'expression « on avance plus quand on est ensemble » est vraie : on ne peut pas tout faire seul, même dans sa fonction. En tant que spécialiste du commerce, il faut solliciter de l'aide et profiter de l'expérience des personnes qui connaissent les politiques publiques, le commerce, les acteurs des territoires et bien entendu les forces et les limites de ces métiers.
Ne pas hésiter à demander de l'aide est crucial, surtout dans un contexte difficile, où on peut se retrouver en période de réflexion ou avec des expériences professionnelles décevantes. Cela permet de prendre du recul, de se rassurer et de prendre conscience de ses acquis. Faire appel à quelqu'un n'est pas un échec, au contraire, c'est une manière d'apprendre et d'avancer plus vite”.